D'où viennent nos envies de nourritures ou d'activités qui ne nous satisfont pas vraiment ?

Noyau accumbens

Au centre du cerveau nous possédons une structure appelée "noyau accumbens" qui joue un rôle important dans les processus cognitifs d'apprentissage, d'aversion et de récompense mais aussi de peur (qui peut être vue comme une forme d'aversion) et d'impulsivité. Qu'est-ce qui lie tout ces processus cognitifs entre eux ? Le chien de Pavlov.

Le conditionnement

Au 19ème siècle, Ivan Pavlov, un médecin et physiologiste russe, a effectué des expériences sur la salivation des chiens. La découverte de ce chercheur est assez simple: si on stimule un chien d'une manière quelconque (avec un bruit de cloche par exemple) juste avant de lui donner à manger, il finira par saliver simplement en entendant la cloche. Le chien "apprend" la relation cloche/nourriture et devient "conditionné" à saliver en entendant une cloche. On dit qu'il subit un conditionnement répondant.

Le noyau accumbens répond à certaines hormones (dopamine en particulier) en provocant en nous des sensations de plaisir. Ces sensations sont fortes et nous sommes instinctivement poussés à les rechercher. La nature nous a doté d'une sorte de boussole pour nous "éduquer" à reproduire certaines actions comme manger et avoir des rapports sexuels. Comme nous allons le voir après, parfois cette boussole dysfonctionne mais avant, il nous faut comprendre un peu ce qui, chez l'humain, stimule le noyau accumbens.

Des substances et des jeux

Pour comprendre ce qui stimule le système dopaminergique (qui provoque la sensation de plaisir), nous pouvons faire prendre des substances aux gens et observer les décharges de dopamine (ce que certains chercheurs ont fait) ou on peut prendre le problème à l'envers et observer ce que nous avons tendance à prendre pour nous "féliciter", nous "donner une récompense". On trouve alors toute la gamme des activités plus ou moins toxiques et addictives:

  • ingestion de substances (alcool, sucrerie, drogues diverses)
  • comportements de consommation (achats, recherche de gains aux jeux)
  • comportements de prédation sexuelle (recherche d'orgasme sans considération pour le reste des affects)
  • comportements de gratification semi-aléatoire (jeux vidéo)

Le plaisir solitaire

Lorsque l'on permet à une souris de se stimuler le "plaisir" en ingérant de la morphine ou d'autres substances simplement en pressant sur un levier, elle le fera en boucle, jusqu'à en mourir. Pour une souris isolée dans une cage de laboratoire, le plaisir mène à la mort. Un système initialement inventé par la nature pour la survie de l'espèce ce retourne contre cette dernière quand deux ingrédients sont présents: une substance qui sur-stimule le "plaisir" et une cage de laboratoire.

Et c'est là qu'intervient "Rat Parc", le super parc d'attraction pour rats de laboratoires. Dans ce parc, les rats ont de la place, ils sont nombreux et peuvent mener une partie plus large de leurs activités naturelles de rats (flairer d'autres odeurs, rencontrer des partenaires sexuels, explorer, élever des petits, etc). Dans ce parc, la morphine n'est quasiment pas consommée par les rats. Le plaisir lié à la substance serait là mais l'intérêt pour cette forme de "plaisir-récompense" semble absent.

De la misère sociale

Notre circuiterie du plaisir n'est pas bien différentes de celle des souris et lorsque nous nous sentons "en cage", nous avons tendance à rechercher ce "plaisir-récompense" en nous adonnant à des activités qui ne nous rendent pas vraiment heureux mais nous aident à "tenir".

Au lieu de nous juger pour nos comportements de recherche de gratification, prenons ces derniers pour des signes que nous sommes, d'une manière ou d'une autre "en cage" et qu'il est peut-être temps de chercher la sortie.